La terre, la vie, le monde : ça se cultive !

Nous serons bientôt 9 milliards sur Terre. 842 millions de personnes - soit 1 sur 8 - s’endorment déjà chaque soir le ventre vide. Et la majorité d’entre elles sont des agriculteurs. Notre monde produit pourtant suffisamment de nourriture pour tous, mais elle n’est pas répartie équitablement. De plus, la terre et l’eau, des ressources naturelles indispensables pour cultiver, s’épuisent.

Le système alimentaire fait fausse route…

Volatilité des prix alimentaires. Récoltes perdues suite aux changements climatiques. Commerce inéquitable et manque de soutien des petits producteurs. Accaparement de terres. Inégalités entre les hommes et les femmes.
Réunis, ces divers facteurs contribuent à un système alimentaire bénéficiant uniquement à une poignée d'entreprises et de gouvernements. Un système menant à des extrêmes : abondance pour les uns, pauvreté et faim pour les autres.

Ce système pénalise la majorité d’entre nous :

  • Tous ceux confrontés à la flambée des prix alimentaires pendant que les opérateurs financiers spéculent allègrement sur les marchés des matières premières.
  • Tous ceux dont les récoltes sont dévastées par les inondations, pendant que les lobbys industriels mettent tout en œuvre pour freiner les progrès en matière d'énergies propres et renouvelables.
  • Tous ceux expulsés de leurs terres pendant que des entreprises les rachètent à des prix dérisoires.
  • Tous ceux qui peuvent difficilement envisager un avenir meilleur pour leurs enfants, parce que  la seule chose qui leur importe est de trouver le prochain repas.

…et la politique manque de cohérence

Garantir un système alimentaire durable et équitable demande une gouvernance politique appropriée à l’échelle internationale. Or, cette gouvernance fait cruellement défaut : l’attention se concentre davantage sur le modèle de production agro-industriel que sur le développement d’une agriculture paysanne durable. Pourtant, le modèle agro-industriel accentue les crises alimentaire et climatique alors que l’agriculture paysanne durable permet d'y faire face…

Les politiques sont en outre le plus souvent élaborées et exécutées sans concertation suffisante avec les organisations paysannes et la société civile, et sans reconnaître le rôle considérable joué par les femmes dans la sécurité alimentaire. Les paysans jouent un rôle minime au sein du marché. Pourtant, ils sont les mieux placés pour répondre aux défis actuels.

Quelques chiffres

  • Les prix des denrées alimentaires de base comme le maïs vont plus que doubler au cours des 20 prochaines années. Plus de la moitié de cette augmentation sera la conséquence des changements climatiques.
  • Les plus pauvres -qui peuvent dépenser jusqu’à 80% de leurs revenus pour se nourrir- seront les plus touchés. En février 2011, la Banque mondiale estimait que, au cours des 8 derniers mois, 44 millions de personnes étaient tombées dans l’extrême pauvreté suite à la hausse des prix alimentaires.
  • 70% des décisions relatives à notre système alimentaire sont entre les mains d’un tout petit groupe d'acteurs agro-industriels. 3 entreprises seulement – Archer Daniels Midland, Bunge et Cargill - contrôlent environ 90% du commerce mondial des céréales.
  • Dans plus de la moitié des pays industrialisés, au moins 50% de la population doit faire face à des problèmes de surpoids. Et la quantité de nourriture généralement jetée par les consommateurs, les détaillants et les restaurants est estimée à 30%.
  • Dans plus de la moitié des pays industrialisés, au moins 50% de la population doit faire face à des problèmes de surpoids. Et la quantité de nourriture généralement jetée par les consommateurs, les détaillants et les restaurants est estimée à 30%.

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